Archive for the ‘social/politique’ Category

Pour plus de justice face aux “sauvageons” mais contre le fichier des membres de gangs

Thursday, April 23rd, 2009

J’ai écouté aujourd’hui le discours de Nicolas Sarkozy suite aux violences entre gangs à l’intérieur d’un lycée; dans lequel il demande la création d’un fichier de suivi des membres des gangs/bandes et les réprimer sur la base de cette seule appartenance.

Avant tout, pour avoir vécu dans plusieurs pays, il ne fait pas bon vivre en France.
Les sociologues et socialistes-conbenditien peuvent dire ce qu’ils veulent, la France n’est pas un pays sûr, c’est un pays avec de plus en plus de violence et où il fait de moins en moins bon vivre.
Où avez-vous vu qu’on laisse, dans un pays, jeter des cailloux sur la police et les pompiers? leur tirer dessus à coup de fusil? Violer les gens en bande dans le RER? Se bagarer dans le métro? Tout simplement insulter tout un chacun?

Personnellement, je suis pour une justice plus présente et qui réponde plus dans le détail. Auparavant il n’appartenait pas à la justice de faire l’éducation, les parents s’en chargeaient plus ou moins, aujourd’hui c’est certainement moins le cas. D’où un ajustement nécessaire de la justice à cette nouvelle donne.

Et le chemin pris par la politique de Sarkozy n’est certainement pas le bon! Traiter qq qui a 12 ans avec des peines de prison est entièrement inutile. Emprisonner les gens pour la seule supposée appartenance à de supposés gangs (dont je suis persuadé qu’il s’agit plus d’agroupements de personnes partageant la même envie de violence que de gang organisé) sans avoir besoin de quelconque autre preuve? Non.

Par contre, on peut essayer d’adapter les peines aux nouvelles violences et condamner de cette manière des délis dès les premiers excès. Ainsi, au lieu d’envoyer à la prison, développer plus les peines avec réalisation d’oeuvres pour le service public ou le bien de la communauté. La personne condamnée ne le fait pas, où créé d’autres problèmes? La peine augmente, ainsi de suite. Mais le besoin serait d’une justice plus rapide, qui ne nécessite pas 3 mois pour délibérer. Les peines étant beaucoup moins lourdes que la prison ou autre, l’enjeu est moins lourds et il n’est pas besoin de faire des dossiers de preuves à n’en plus finir.

Que faut-il punir? Tout acte de violence.
Comment décider s’il faut punir ou non? Utiliser ce test très simple: “est-ce normal de…?”. Si la réponse est “oui”, alors il ne se passe rien. Sinon => condamnation, et moins certain est le “non”, plus légère est la peine.

Exemple 1: deux “sauvageons” ou deux bandes s’affrontent, résultant avec des blessés par arme blanche des deux côtés. Evidemment personne ne porte plainte contre personne, histoire de régler cela dans qq temps entre bandes. Dans l’état actuel, la police ne peut rien faire. Devrions-nous punir les personnes interpellées?
=> question: Est-ce normal de se bagarrer? non. Est-ce normal de se bagarrer à l’arme blanche? encore moins. => punition. (exemple de punition: travailler avec la croix-rouge pendant une semaine pour distribuer le soir la nouriture aux exclus de la société).

Exemple 2: affrontement avec la police, les sauvageons caillassent les policiers. 8 personnes sont interpellées, avec des preuves de personnes prises sur le fait n’incriminant qu’une seule personne. Cependant, les autres personnes l’ont encouragé dans ses actes et l’y ont incité. Dans l’état actuel, que peux faire la police concernant les 7 personnes? Rien.
=> question: Est-ce normal d’encourager quelqu’un à exercer de la violence envers les forces de l’ordre? Non.
=> punition. (exemple: l’obliger à suivre une formation à un travail ou à participer à des cours le soir pendant une semaine).

Avec de telles sanctions, les sauvageons, qui se disent toujours exclus, seraient forcés de se retrouver en société, d’être au contact d’autres personnes et de se socialiser.

Par contre, pour que cela fonctionne, il est impératif d’être intransigeant sur l’application de la peine, et son application de bonne foi. Si le condamné n’exécute pas sa peine, cette dernière cesse d’être légère et formatrice pour prendre un caractère plus répréssif. C’est tout simplement le jeu du donnant-donnant. “On te permet de faire des erreurs, si tu veux rentrer dans le droit chemin, tu peux. Par contre, si tu ne joues pas le jeu, alors nous non-plus.”

D’où le besoin d’introduire une nouvelle charge, tout comme il existe la charge de “non-assistance à personne en danger” ou celle “d’association de malfaiteur”, il faudrait en créer une “d’association de faits de violence”.
Ce serait beaucoup plus efficace qu’un fichier sur les membres de pseudo gangs dont on ne sait rien et surtout qui serait une absurdité ultime. Inculper qq sur sa seule appartenance est d’un absurde! (on n’inculpe pas qq sur des faits qu’il pourrait commettre, mais seulement sur ce qu’il a commis)

Je profite de ce post pour partager une autre idée sur ce thème.
Concernant les crimes passibles de prison (ie. les crimes qui ont toujours existés (meurtres, viol…) et qui, eux pour le coup, ne sont pas, je pense, en explosion), à partir du moment où ces crimes sont graves, je ferai payer le fait d’être en prison. En effet, ils coûtent de l’argent à la société, il serait normal que ce soit à eux de payer comme un loyer, tout comme dans la vrai vie (ex: 600 euros / mois), charge à la prison de pouvoir leur fournir un travail à faire à temps plein qui puisse leur permettre justement de couvrir ces frais.
De cette manière, on réduirait le coût des prisons, on les rapprocheraient également de la réalité, et on permettrait aux prisonnier de se réinsérer plus facilement (ils partageraient ainsi les caractéristiques d’une vie en société).
Que faire avec l’argent généré? Dans un premier temps le réinvestir dans les prisons pour les rénover, le besoin est grand!

Voili voilou, vivement que je sois président! :-)

How WWE lost me with Royal Rumble 2009

Wednesday, January 28th, 2009

Well I’ve just finished to watch Royal Rumble 2009, and I must admit WWE lost my audience.

I’m not a huge fan of wwe, but I quite like it. I followed for sthg like 2 years and enjoyed it.

My best wrestlers?
1. Bastista (so great!)
2. JBL (so fun)
3. Y2J (Chris Jericho – so irritating!)

Why am I no longer watch WWE? Pretty simple, they’ve crossed the line with their story line.

1. It started very bad with that lamy storyline of JBL contracting Shawn Michael to help him gain WWE title, because Shawn was broke due to the financial crisis (and global economic downturn).
Well, I afraid there are some things we should not make too much fun of. Some real people are now in huge trouble due to this crisis, some lost their jobs (and for sure they’re not making $800K a year), others even commited suicide.
So playing with this using a cheap story line? No thx, it stinks.

2. It got even worst with Randy Horton. I’m afraid there are some things that should not be seen to kids. Kicking your boss in the head because you don’t agree with him is not a practice we should teach to our kids. Apparently it’s not wwe’s point of view. Sorry I’m out of here. So when the only thing they find is to make Orton win Royal Rumble so that he wins his title match at Wrestlemania 25, can be fired in between and is assured to come back, I do not agree, I must say I disagree.

Of course in wrestling everything is fake, but let’s place some limits. To most of the viewers (esp. the youngest), this is not fake, so we have a responsibility toward them, to teach what’s good and what’s not. Here, the only thing we’re preaching is that we can do anything without regarding morality.

Faking Jeff Hardy car accident is not fun, real people die in car accidents every day. I’m afraid faking Jeff Harding head-burn on stage using fireworks is not fun either. Neither is making fun of 70 year-old ladies, nor making 60-year-old guys wrestle with 20 year-old ones and do as if each punch they made were devastating.

As a general rule, WWE wrestlers are astonishing, outstanding actors! But WWE goes to far with their 2-cents story lines.

In fact I realized that foreign version of wwe is far more exciting than us-version, speakers make a lot more jokes about it and don’t act as if it was serious business, something real as us-speakers do. And that’s what bothers me a lot, behaving as if everything was reality when everything is fake, decided before battles even begin. Each month a new pay-per-view is presented as if it were the next big show of the year, when it’s merely nothing but cheap faked storylines, each single time…

WWE wrestlers are great, but WWE managers really suck.

I outy, sorry dudes.

PS: Batista, you’re so great. Thanks for the pleasure you gave me.
I will still enjoy watching some of your fights from time to time, if any.

Qu’ont en commun Madoff, le CFA, la confiance et les marchés financiers ?

Friday, December 26th, 2008

Le scandale Madoff

Le monde des hedge funds vient d’être tout simplement secoués par le scandale Madoff, un gigantesque système pyramidal touchant plus de 50 milliards de dollars.

Concernant cette affaire Madoff, quel est l’élément gênant ?

  • Une fraude pour détourner de l’argent ?
    Non, il n’y a pas d’argent détourné, après tout ceux qui ont pu retirer leur billes à temps en sont les grands gagnants.
  • Les pertes réalisées par Madoff ?
    Non, dans le contexte de crise sans précédent des marchés financiers, il est tout à fait compréhensible que le fonds géré par Madoff ait également été atteint
  • La confiance ? Exactement. Le fait d’avoir perdu de l’argent n’est pas le problème en soit. Le problème est que Madoff affirmait ne pas perdre de l’argent alors qu’il en perdait. Jusqu’au jour où il n’a plus pu le cacher et à dû avouer des pertes collossales, cachées jusqu’ici.

Ce qu’a ébranlé Madoff est la confiance! Or la confiance est l’élément essentiel sur lequel vive les hedge funds, et la finance d’une manière générale. Sans confiance, on ne confie pas son argent à un gérant ou à une banque, sans confiance, la roue de l’économie se grippe, le financement n’a pas lieu, et l’économie s’arrête.

Que vient faire le CFA là-dedans ?

Le CFA est une formation en finance reconnue mondialement que je suis actuellement en train de préparer (aux heures où j’écris ces lignes,ma copie du niveau I est certainement en train d’être corrigée). Ce qui m’a frappé dans la formation, c’est l’accent mis sur l’éthique et la confiance. Il nous est répété fortement que les marchés financiers sont basés sur la confiance, sans confiance, pas de marché, et que par conséquent il est primordial d’avoir un sens de l’éthique est de s’y tenir.
Si Madoff avait fait preuve de cette étique, cette situation n’aurait jamais vu le jour et les hedge funds auraient de beaux jours devant eux.

L’éthique, une voie pour restaurer la confiance ?

Malheureusement la nature humaine n’est pas simple. Affirmer avoir une éthique n’est pas toujours suffisant pour s’assurer contre les travers humains. Et si la solution pour restaurer la confiance des hedge funds passait par le GIPS ? Le GIPS est un ensemble de règles à laquelle les manager de fonds doivent se soumettre pour présenter leur performance. Malheureusement à ce jour, le respect des règles du GIPS est auto-proclamé, autrement un hedge-fund s’autoproclame comme respectant les règles du GIPS, sans validation obligatoire par un tiers indépendant.

“La confiance n’exclut pas le contrôle”, tels étaient les mots d’un de mes anciens employeurs. Bien au contraire, le contrôle, dans une certaine mesure, contribue à l’établissement de la confiance.
Pour moi, cette crise de confiance vis à vis des hedge funds est à prendre très au sérieux et est au final une bonne nouvelle pour les épargnants. Les gérants risquent d’être aujourd’hui plus regardant sur les fonds dans lequel l’argent est investi.

Quelle solution pour restaurer la confiance ?

La solution qui me parait la plus évidente aujourd’hui se base sur les règles de GIPS. Pour éviter de nouveaux scandales Madoffiens, il est primordial de mettre en place des systèmes de contrôles reconnus. Je préconnise prendre les règles émises par le GIPS comme standard, en rajoutant l’obligation pour les gérants de fonds de se faire contrôler les revenus affichés par des organismes tiers indépendants et compétents, au moins une fois l’an. Ces organismes validateurs seraient aux gérants de fonds ce que les fat-four (société d’audit telles Deloitte, PwC, E&Y,  KPMG) sont aux sociétés côtées. Ces organismes validateurs seraient tenus au secret professionnel, auraient accès à toutes les informations de la société qu’ils auditeraient, et certifierait les performances tout comme les sociétés d’audit actuelles certifient les comptes.

C’est à mon avis la seule solution durable pour restaurer une confiance méritée dans les fonds d’investissement. Bien entendu, les investisseurs ne devrait choisir que des sociétés dont les performances ont été auditées avec succès.

sources

Sortir du bureau à 17 heures, c’est possible

Friday, December 26th, 2008

Je suis tombé récemment sur un article publié dans El Pais intitulé : Salir de la oficina a las cinco es posible, littéralement “Sortir du bureau à 17 heures, c’est possible”.

Actuellement, dans les postes de cadre, c’est rarement le cas, c’est même l’exception. On sort à des horaires plus proche de 20h, 21h voire 02h. C’est triste d’assister à cette surenchère horaire, à plusieurs titres :

  • sacrifice de la vie personnelle pour l’entreprise : ceci ne devrait pas être le cas pour les salariés. Le principe d’un salarié vs. un entrepreneur, c’est justement que le salarié n’accepte pas de prendre les même risques que l’entrepreneur, et par conséquent devrait se satisfaire des horaires légaux
  • baisse de productivité : la productivité à minuit n’est pas la même qu’à trois heures, quoi qu’on en dise
  • vol de travail : si l’on reste vraiment tard parce qu’on a trop de travail, il ne faut pas oublier qu’on vole le travail d’un autre. S’il y a de la place pour deux, il faut embaucher deux personnes, et ne pas usurper la place de son voisin. C’est à l’employé de savoir dire non.
  • excès de zèle : pas de commentaire, zéro pointé.

Savoir dire non

La relation employeur / employé est relativement semblable à la relation parents / enfants, à ceci près que l’enfant est l’employeur et les parents sont les employés. A priori, on aurait pu penser le contraire mais non.

L’employeur à le role de l’enfant, à savoir de quelqu’un en position de demander. Il demande plus de travail, plus de motivation, toujours plus, tout comme un enfant demande toujours à ses parents.

L’employé au contraire à le rôle de parent. Il ne demande pas (ou peu) mais offre. Il offre son temps, met à disposition son savoir faire, ses connaissances, ses compétences (en contre-partie d’une rétribution bien sûr).

Tout comme un parent doit savoir dire non à son enfant, pour lui apprendre que des limites existent, un employé doit savoir dire non à son employeur, sous peine de voir le syndrome de l’enfant roi apparaitre.

C’est donc à l’employé de dire NON à son employeur lorsque celui-ci dépasse les limites.

Alors certes ce n’est pas facile : le marché de l’emploi est malheureusement déséquilibré d’une manière défavorable pour l’employé (souvent ce que pensent les employés, des fois à juste titre, des fois non). Le problème est que si l’on ne dit pas non, on se retrouve dans une situation à toujours donner plus et où le travail empoisonne la vie personnelle. Or nous ne sommes pas des machines nées pour travailler tout le jour, sinon à quoi servirait le sens de la vie?

Comme dans la relation parent-enfant, dire non à une enfant n’est pas facile (après tout c’est notre enfant, nous voulons lui faire plaisir, et puis il a un tel regard d’ange!), mais c’est nécessaire, pour son apprentissage, pour établir une relation parent-enfant équilibrée, basée sur le respect mutuel (toujours dire oui à l’enfant revient à lui enseigner qu’il vaut mieux que nous, que nous sommes à son service, ce qui est bien évidemment faux et néfaste à son développement).

De même, dire non à son employeur n’est pas évident, mais c’est tout simplement dans le rôle de l’employé, pour signaler à l’employeur que celui-ci dépasse les limites, pour l’éduquer dans les relations employeur-employé.

Sur un ton arlettiste, “Travailleurs du monde entier, unissez-vous et ayez le courage de dire non à vos employeurs, de dire ‘l’heure c’est l’heure, à demain M. le directeur!’. Si tous nous le faisons, tous nous construirons un monde meilleur, plus juste, plus égalitaire, plus harmonieux, plus humain.”

C’est à l’employé de savoir dire non, c’est à l’employeur d’essayer d’en demander plus. Ces rôles sont tout à fait normaux

sources

pour une loterie plus juste

Friday, December 26th, 2008

En Europe, d’une manière générale, le système de loterie est relativement simple.

On achète un billet pour une faible somme, on choisit ses numéros, il y a très peu de gagnants, mais ceux-ci gagnent des montants énormes.

En Espagne, la loterie (loterie de navidad et el nino) se passe autrement. Le prix du billet est relativement élevé (20 euros), le numéro du billet est écrit dessus (on ne le compose pas soi-même), mais surtout il  y a beaucoup plus de gagnants, et les gros lots ne sont pas si gros et restent raisonnables (un billet permet de gagner au maximum 300K€ vs. presque 100 million d’€ à l’euro-million).

Nous devrions réformer les systèmes de loterie (euro-million, loto…) pour les calquer sur le modèle espagnol pour les raisons suivantes :

  • les sommes remportés par les gagnants de nos systèmes de loterie actuel sont tout simplement indécentes
  • ces montants sont tellement important que dans la plus part des cas, ceux qui les ont gagnés n’arrivent pas à gérer le changement et finissent avec moins qu’avant de gagner
  • le principe est fondamentalement injuste : un seul gagne tout et dit aux autres “tant pis pour vous”
  • un des principes clés sur lequel reposent nos sociétés est la solidarité, le partage. Ce système va tout simplement à l’encontre de ce principe. Les politiques devraient faire en sorte qu’un maximum de systèmes (l’impot, les allocations, le loto…) reposent sur ce principe de partage et de répartition

Je suis pour une réforme des systèmes de loteries européens, calqués sur le modèle espagnol : une loterie solidaire et non solitaire (individualiste).

Un détecteur de mensonge contre la fraude aux allocations

Thursday, December 25th, 2008

J’ai lu dans le journal Le Monde la mise en place d’un détecteur de mensonge vocal utilisé par les allocations familiales de Grande-Bretagne pour éviter la fraude aux allocations.

Cet article a déclenché une polémique dans les commentaires laissés par les lecteurs entre les pro et les contre.

Pour ma part, mon point de vue est relativement simple : les allocations sont un système représentant un filet de sécurité sociale qui repose sur l’ensemble de la société et la notion de partage.
Autrement c’est l’élément le plus important de notre société, celui qui en assure la cohésion. Il est par conséquent primordial de le préserver. Alors si les nouvelles technologiques peuvent nous aider à traquer les abus, par des moyens tout à fait légaux, avec l’assentiment de l’interlocuteur et sans interférer dans la vie privée, je suis tout à fait favorable.

A partir du moment où quelqu’un fraude, il est important de préserver l’injustice pour deux points très importants :

  • comme le dit l’adage, “qui ne dit mot consent”. Ne pas essayer d’éviter la fraude, c’est l’encourager. Le rôle de ce filet social est de venir en aide à ceux qui en ont besoin, pas de distribuer de l’argent à tout va. Alors oui, c’est dans sa mission même de lutter contre la fraude pour s’assurer que l’argent va bien à ceux qui en ont réellement besoin
  • ne pas lutter contre la fraude décourage tous ceux qui travaillent et côtisent, tous ceux qui alimentent le filet social. Ne pas lutter contre la fraude, c’est mettre en danger l’essence même du système : la volonté de partage, la solidarité sociale

sources

La Chine se rebelle

Thursday, December 11th, 2008

Et oui, “quand la chine s’éveillera, le monde tremblera”, c’est on-ne-peut-plus d’actualité!*

Je viens de lire l’article sur le sommet international contre le réchauffement climatique, deux points importants en ressortent:

1) Le protocole de Kyoto n’était malheurseument que parsemé de bonnes intentions. Dans les faits, aujourd’hui, tous les pays se mettent des limites d’émission de CO2 moins importantes que celles fixées par le protocle de Kyoto. Ca ne veut pas dire que tout est perdu pour autant, mais tout simplement que les ambitions affichées en 1997 paraissent aujourd’hui trop ambitieuse, et l’écologie est passée de mode (tout du moins son importance à fortement diminuée, et l’intérêt des politiques également, par conséquent!)

2) Les chinois sont déterminés à se faire entendre, et à faire en sorte que les choses aillent comme ils le veulent. Ils ne masquent plus leur mots. Pour s’engager à réduire les émissions de CO2, ils demandent ouvertement des millions de dollars d’aide internationale et l’ouverture des derniers brevets technologiques. En d’autres termes, “nous les chinois, nous ferons un effort, mais les gars, vous allez casquez!”. Ils sont même allé jusqu’à dire que si on prend en compte les émissions de CO2 des Etats-Unis depuis 1900, ils doivent près de 800 milliards de dollars aux pays en voie de développement comme dommage et intérêts. Outre les chiffres et la rigueur de l’analyse, cette attitude est tout simplement pour dire “nous ferons comme nous l’entendrons et vous n’aurez rien à dire, surtout vous les américains”. En effet, cette “étude” est tout simplement un non sens. Vouloir faire payer pour des émissions en 1900 quand on ne savait même pas ce que le CO2 faisait à la couche d’Ozone. C’est tout simplement de la mauvaise foi caricaturée à l’extrême pour fermer toute discussion possible sur le sujet.

J’ai malheureusement le sentiment que cette attitude fermée refusant tout dialogue n’est que le début d’une longue série… Espérons que nous saurons éviter les erreurs que l’histoire a tenté de nous enseigner.

Mauvaise foi, suite

Faisant suite à mes préoccupations chinoises, un article toujours d’El Pais sur un entretien avec un journaliste chinois connus qui nous fait part de son point de vue : “Par exemple, un directeur de presse pourrait penser que tel évênement criminel a un intérêt et vouloir le publier. Mais le Parti Communiste pourrait penser que ce type d’information n’est pas bon pour les gens, la stabilité sociale ou l’image de la nation, et conseillerait de ne pas le publier“. Ce qui m’attriste dans cette déclaration, c’est que ça lui semble tout à fait normal de brimer la liberté de la presse. Le plus préoccupant étant écrit ailleurs dans l’article “Le journalisme a beaucoup changé en Chine. Aujourd’hui nous avons une plus grande liberté d’information. Mais il est des choses sur lesquelles on ne peut pas écrire, parce que la Chine est un pays en voie de développement et les écrire pourait avoir un impact négatif.” En d’autres termes, la croissance de la chine avant tout, quel qu’en soit le prix!
Cette position affirmée nourrit mes préoccupations exprimées dans la partie précédente. J’espère que la Chine évitera un nombrilisme aveugle destructeur.

sources

Plan de relance 2008 de N. Sarkozy : oui mais…

Thursday, December 11th, 2008

J’ai découvert le plan de relance de N. Sarkozy, pour aider la France à sortir de la récession.

oui

J’avais un a priori très négatif concernant ce plan de relance. Quelques jours avant sa publication les rumeurs allaient bon train dans la presse et résumaient ledit plan à une prime de 1000 euros pour changer sa voiture. J’étais tout simplement furieux. Relancer l’économie par une simple prime pour changer sa voiture est tout simplement jeter l’argent par les fenêtres, c’est le donner à des personnes qui n’en ont pas besoin, et n’est qu’une relance court-termiste qui ne dure pas.

Finalement, le plan est beaucoup plus complet que ça, et la-dite prime n’en est qu’une infime partie. Le plan passe par la construction de voies de TGV, la relance des investissements d’organismes semi-privés/publics (EDF,GDF, RATP, La Poste…), la construction de logements sociaux, une défiscalisation des embauches et bien d’autres.

En d’autres termes, la relance par l’investissement est privilégiée par rapport à la relance par la consommation. Je suis tout à  fait d’accord avec cette philosophie. Donner de l’argent pour aider les ménages à consommer à certes un effet immédiat (outre l’aspect populiste de la méthode) mais ne va pas plus loin et s’essoufle très rapidement. Un exemple : la prime de noël. Une fois que les achats réalisés avec les deniers publics ont été réalisés, que reste-t-il pour la personne ayant reçu la prime ? Rien. Tandis que la relance par investissement s’attaque aux causes profondes et essaient de créer des emplois par des “grands travaux”. Les emplois permettent d’avoir un salaire, donc une source de revenue durable, qui permet de relancer la consommation. De plus, les infrastructures construites bénéficient au pays entier et permettent de le moderniser et le rendre plus compétitifs. Le hic de la relance par investissement est que son effet est à long terme, et à un côté moins populaire que la politique consistant à donner de l’argent à tout un chacun.

Certains préfèrent le feu de paille, personnellement je prèfère le feu de bois.
Distribuer l’argent des autres (ie. des contribuables) est facile, le faire fructifier est un art autrement plus difficile.

mais

Je suis donc a priori plutôt satisfait par ce plan de relance. J’ai également plusieurs incertitudes.

Premièrement, et de loin la plus grande, je crains que ce plan long-termiste reste simplement sur le papier et ne soit pas suivi de faits dans la réalité. En d’autres termes, je crains que ce ne soit qu’une annonce médiatique. Je dois avouer que jusqu’à présent je n’ai pas vraiment été convaincu par la performance de notre chef de l’état en matière de relance juste de la France.

Deuxièmement, mon point porte précisément sur le caractère “juste” de la relance. Les oubliés de ce plan de relance sont les employés ! Certes l’Etat impulse les investissements et encourage les entreprises à faire autant, cependant j’aurais également aimé un volet de ce plan allant vers plus de justice sociale. Pourquoi les grandes entreprises font des profits de plus en plus gros, et les salaires stagnent ? Il est certes important de créer des emplois pour ceux qui n’en ont pas, mais permettre aux salaires les plus faibles d’avoir des revenus un peu plus important permet aussi de relancer l’économie.

Mais ce point-ci est beaucoup plus compliqué à mettre en oeuvre, il est vrai. Il s’agirait pour l’Etat de forcer les entreprises à une meilleure distribution des richesses, sans pour autant tomber dans l’ingérence ou l’économie socialiste plannifiée (aujourd’hui on fixe les niveaux de tous les salaires, demain des prix, et après demain on se retrouve 70 ans en arrière en URSS avec dans 20 ans une nouvelle guerre mondiale).

Bref, des doutes sur la mise en application du plan, et un manque flagrant de prise en considération des salariés sont les deux points qui me gênent le plus dans cette relance. Sinon sur le fond (privéligier l’investissement – ie. le long terme – à la consommation – ie. le populisme court-termiste), j’adhère et j’applaudis.

L’échange d’idées enrichit le débat. N’hésitez pas à communiquer votre opinion.

sources

Lettre ouverte à Ségolène Royal ou “quand la gazèle est devenue éléphant”

Thursday, December 11th, 2008

Madame Royal,

Le 6 mai 2007, vous avez perdu l’élection présidentielle avec 46.94% des suffrages.
Vous avez décidé de continuer à être sur le devant de la scène politique pour faire partager vos idées et participer à la construction de la France, nous vous en remercions.

Le 21 mai 2009, vous perdez l’élection pour le poste de premier secrétaire du parti socialiste, de peu certes, mais vous la perdez.
Vous criez à la tricherie, à la coalition contre votre personne et exigez un nouveau vote.

Je tiens à vous remercier. Vous avez impulsé un véritable mouvement de renouveau au sein du parti socialiste.
Véritable gazelle au milieu d’un troupeau d’éléphants, vous avez su incarner le besoin de renouveau et de rajeunissement du PS.
Vous avez été une source d’inspiration, de positivisme et de volonté de progrès.

Positivisme, progrès, construction sont aujourd’hui remplacés par opposition, contestation, victimisation.
Votre cheval de bataille ne semble plus être la recherche d’idées pour une France meilleure, mais placer votre personne au centre de l’attention médiatique, tirer à feu ouvert sur l’opposition, sur votre parti, sur tous les partis. La grandeur de la politique est sa capacité de réunion et non de division.

Mme Royal, le pouvoir ne s’exige pas, il se reçoit.
Ni la France ni votre parti n’a souhaité vous le donner, s’il vous plait, cessez de l’exiger.

Vous avez eu votre chance, il est de bon ton de l’offrir à d’autres également.
Gazèle devenue éléphant, s’il vous plait, soutenez d’autres gazèles, sachez vous effacer pour les mettre en avant, vous serez ainsi la véritable rénovatrice du parti socialiste français, qui pourra faire avancer notre pays.

Quand persévérance devient acharnement, il est temps de s’arrêter.
Royal en 2012, non merci.

Je vous prie, Madame Royal, de bien vouloir agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Rémy Damour

Pourquoi je soutiens la politique de Trichet

Thursday, December 11th, 2008

Jean-Claude Trichet fait un travail remarquable.
Je dois avouer avoir trouvé sa politique parfois trop rigide, mais ça me semble plus approprié qu’une politique laxiste de baisse des taux d’intérêts à tour de bras.

La crise économique que nous traversons, et qui a commencé par une crise financière, trouve sa source dans la frilosité des banques à prêter de l’argent. Le comportement des banques est assez compréhensible. Elles se sont pris des milliards de pertes dues aux subprimes, ie. à des politiques de prêts trop laxistes, et à ses effets secondaires (faillite d’entités financières telle Lehman Brother, nationalisation de Fannie Mae et Freddy Mac qui prêtaient de l’argent aux acheteurs immobiliers, faillite des assureurs…). Par conséquent, les banques ont pris une posture inverse à leur politique antérieure, cette fois-ci avec des rejets exagérés de demandes d’emprunt.

Autrement dit, la crise économique que nous traversons trouve son origine principalement dans le manque de confiance des banques qui ne jouent plus leur rôle de financeur d’activité.

Dans ce cadre, que peut faire la Fed ou la BCE ? A vrai dire, pas grand chose. Leurs actions peuvent être d’injecter des liquidités à travers des opérations de marchés (achat/vente de bons du trésor), de baisser les taux directeurs pour que les banques aient accès à de l’argent à bas coût et puissent accorder des prêts plus facilement. Or, dans le premier cas comme dans le second, l’intermédiaire est toujours le même : les banques. Il faut garder à l’esprit que la Fed et la BCE ne sont rien d’autre que la banque des banques. Leurs clients sont les banques, qui répercutent la politique de la Fed et de la BCE, si elles désirent jouer le jeu. Et c’est bien là notre problème.

Aujourd’hui la situation est tout simplement un manque de confiance. Les banques ne veulent pas jouer le jeu. Baisser les taux d’intérêts à tour de bras n’est pas la solution. Baisser les taux d’intérêts ne fait que rendre l’argent moins cher aux banques. Si ces dernières ne souhaitent pas allouer plus de crédits, l’effet s’arrête net, et le résultat est tout simplement une augmentation des bénéfices de banques (elles ont accès à de l’argent pour pas cher, et nous le proposent à un taux beaucoup plus élevé) et non une relance de l’économie par une augmentation de la consommation et des investissements.

Comment peut-on savoir si les banques jouent le jeu ou non ? Tout simplement en surveillant deux taux d’intérêt : le LIBOR et l’Euribor. Le LIBOR est le taux d’intérêt auquel les banques se prêtent entre-elles des dollars. L’Euribor est le taux d’intérêt auquel les banques se prêtent entre-elles des euros.
Ces taux nous concernent directement car lorsqu’en tant qu’entreprise ou consommateur nous allons demander un prêt au banquier, le taux d’intérêt auquel l’emprunt nous est fait est directement détirminé  par le LIBOR ou l’Euribor (si l’emprunt est respectivement en dollars ou en euros) plus la marge appliquée par la banque.
En d’autre termes, plus le LIBOR et l’Euribor sont élevés, moins les banques jouent le jeu de financer l’économie en prêtant de l’argent, et plus le robinet du crédit est fermé.

L’alchimie du président de la Fed ou du directeur de la BCE est d’arriver à rouvrir ce robinet du crédit.

Une possibilité est tout simplement de baisser les taux d’intérêts, permettant de cette manière aux banques d’avoir accès à de l’argent à faible taux d’intérêts auprès de la BCE ou de la Fed, et ainsi de pouvoir prêter également aux investisseurs de l’argent plus facilement car moins cher. Comme nous l’avons vu plus haut, cette politique a marché par le passé, lorsque les banques jouaient le jeu, mais en ce moment ne marche pas.

Au lieu de faire des coupes franches “à l’aveugle” en espérant que les banques vont jouer le jeu et relancer l’économie, comme le fait Ben Bernanke (Fed), Jean-Claude Trichet (BCE) a décidé de faire du donnant-donnant avec les banques, et à décidé de leur faire porter leur responsabilité. Il a ouvertement critiqué les banques en disant que l’Euribor était sur-élevé de 1,11% et que lui de son côté s’engage à réduire d’avantage les taux d’intérêt seulement si les banques s’engagent à réduire l’Euribor, autrement dit seulement si les banques acceptent à nouveau de jouer leur rôle de financeur de l’économie.

Je trouve cette mesure audacieuse, mais surtout juste. J-C. Trichet n’a pas cédé au populisme consistant à baisser les taux aveuglément pour montrer que l’on fait tout notre possible pour relancer l’économie. Il a agit en deux phases: 1) on baisse partiellement les taux d’intérêt pour montrer la volonté de la BCE de relancer l’économie 2) on essaie de viser la véritable cause de la crise (le manque de confiance des banques) en faisant porter aux banques la responsabilité qui est la leur, et en proposant un chemin commun, réfléchi, de relance coordonnée avec la BCE.

Cette voie me semble la meilleure pour sortir de la crise, et s’attaquer à la source du problème pour le résoudre durablement.
Merci M. Trichet.

sources