Mondialisation – Etats-Unis + Europe: comment se tirer une balle dans le pied?

Je lisais récemment un article des plus intéressants sur businessinsider, expliquant comment le monde occidental a réussi à se tirer une balle dans le pied, et détruire de manière permanente les emplois industriels, créant un chomage de masse quasi inévitable.

Aux 19ème et 20ème siècle, le monde occidental s’est développé grâce à l’industrialisation. Cela a permis de créer des emplois pour lesquels les qualifications requises étaient accessibles à toute personne.
Quelqu’un pouvait faire toute sa carrière chez un constructeur automobile par exemple. Y entrer à 15 ans et en sortir à 60 ans, en ayant fait (quasiement) le même travail et en gagnant un salaire confortable.
Ce développement industriel a mis en place les fondations à une croissance générale du monde occidental.
Pourquoi cette industrialisation a eu lieu en occident et ne s’appuyait pas sur des pays à faibles coûts de main d’oeuvre, comme c’est le cas actuellement?
Tout simplement parceque, pour se développer, le commerce a besoin d’infrastructures de communications (routes, ponts, transports en commun, électricité…) et tout cela n’était pas disponibles dans les pays à bas coûts de main d’oeuvre.
L’amélioration des infrastructures créait un cercle vertueux, appelant d’autres industries à se développer au même endroit.
Si je produis les roues de ma voiture dans un endroit, autant profiter des infrastructures existantes pour y construire le moteur et la carosserie également.

Puis, petit à petit, la technologie s’améliorant, les autres pays (ceux à bas coûts de main d’oeuvre) ont développés des infrastructures de communications (routes, ponts, électricités, téléphone…). Comment?
Ceux sont les occidentaux eux-mêmes qui sont allés les construire.
Les industriels étaient de plus en plus remplacés à la tête des entreprises par des financiers, dont le seul objectif est d’améliorer le profit pour survivre face à la concurrence.
Ils se sont alors dit “les moyens de transports se sont drôlement améliorés. Nous pouvons maintenant utilisés des bateaux géants pour transporter toute sorte de marchandise d’un point A à un point B à un coût très faible. Actuellement nous ne pouvons pas produire dans les pays à bas coûts de main d’oeuvre parce qu’ils n’ont pas les infrastructures nécessaires mais nous aimerions y produire parce que nous pourrions produire là bas vraiment pas cher puis transporter le tout chez nous pour le vendre et prendre ainsi l’avantage sur la concurrence”.
Qu’ont-ils fait? Ils ont investi dans les pays d’apparence politiquement stable et ont ainsi financé le développement des infrastructures.

Une fois les infrastructures en place, la production a été peu à peu transférée dans ces pays (dans une certaine mesure).
On a ainsi commencé à faire construire les roues dans ces pays, puis les transporter ici et les assembler.
Mais ce qui s’est passé pour les pays occidentaux se passe à l’identique dans les autres pays.
L’industrialisation attire l’industrialisation. “Si vous crééez les roues ici, pourquoi ne pas y créer les moteurs? et les carrosseries? Nous avons les infrastructures nécessaires” ont dit les pays en croissance. Et c’est tout à fait logique.
Créer des composants dans un endroit pour les assembler avec d’autres composants à un autre endroit augmente énormément le risque de faire face à des problèmes de logistique (un bateau à du retard par exemple) et complexifie beaucoup le processus de production.
Il est beaucoup plus facile et logique de tout construire au même endroit. Et que choisiriez vous comme endroit? Celui où vous construisez depuis toujours et dont vous avez décidé de vous défaire pour certaines pièces car trop chères à produire, ou le pays où vous produisez des pièces de manière très compétitives depuis maintenant quelques années et avec lequel vous arrivez à vous coordonner?

Il n’y a pas vraiment d’hésitation possible.

Le monde occidental a réuissi à transférer le cercle virteux de l’industrialisation depuis chez lui vers l’autre bout du monde, et avec lui tous les emplois de masse qu’il produisait.

Et la marche arrière n’est pas pour demain…

Il ne reste plus qu’aux travailleurs à devenir flexible tant en compétences qu’en mobilité géographique et fonctionnelle.
Et cette adaptation sera loin d’être facile.
Changer 100 ans de mentalité ne se fait pas d’un coup de baguette magique.

<4>sources

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