Sortir du bureau à 17 heures, c’est possible

Je suis tombé récemment sur un article publié dans El Pais intitulé : Salir de la oficina a las cinco es posible, littéralement “Sortir du bureau à 17 heures, c’est possible”.

Actuellement, dans les postes de cadre, c’est rarement le cas, c’est même l’exception. On sort à des horaires plus proche de 20h, 21h voire 02h. C’est triste d’assister à cette surenchère horaire, à plusieurs titres :

  • sacrifice de la vie personnelle pour l’entreprise : ceci ne devrait pas être le cas pour les salariés. Le principe d’un salarié vs. un entrepreneur, c’est justement que le salarié n’accepte pas de prendre les même risques que l’entrepreneur, et par conséquent devrait se satisfaire des horaires légaux
  • baisse de productivité : la productivité à minuit n’est pas la même qu’à trois heures, quoi qu’on en dise
  • vol de travail : si l’on reste vraiment tard parce qu’on a trop de travail, il ne faut pas oublier qu’on vole le travail d’un autre. S’il y a de la place pour deux, il faut embaucher deux personnes, et ne pas usurper la place de son voisin. C’est à l’employé de savoir dire non.
  • excès de zèle : pas de commentaire, zéro pointé.

Savoir dire non

La relation employeur / employé est relativement semblable à la relation parents / enfants, à ceci près que l’enfant est l’employeur et les parents sont les employés. A priori, on aurait pu penser le contraire mais non.

L’employeur à le role de l’enfant, à savoir de quelqu’un en position de demander. Il demande plus de travail, plus de motivation, toujours plus, tout comme un enfant demande toujours à ses parents.

L’employé au contraire à le rôle de parent. Il ne demande pas (ou peu) mais offre. Il offre son temps, met à disposition son savoir faire, ses connaissances, ses compétences (en contre-partie d’une rétribution bien sûr).

Tout comme un parent doit savoir dire non à son enfant, pour lui apprendre que des limites existent, un employé doit savoir dire non à son employeur, sous peine de voir le syndrome de l’enfant roi apparaitre.

C’est donc à l’employé de dire NON à son employeur lorsque celui-ci dépasse les limites.

Alors certes ce n’est pas facile : le marché de l’emploi est malheureusement déséquilibré d’une manière défavorable pour l’employé (souvent ce que pensent les employés, des fois à juste titre, des fois non). Le problème est que si l’on ne dit pas non, on se retrouve dans une situation à toujours donner plus et où le travail empoisonne la vie personnelle. Or nous ne sommes pas des machines nées pour travailler tout le jour, sinon à quoi servirait le sens de la vie?

Comme dans la relation parent-enfant, dire non à une enfant n’est pas facile (après tout c’est notre enfant, nous voulons lui faire plaisir, et puis il a un tel regard d’ange!), mais c’est nécessaire, pour son apprentissage, pour établir une relation parent-enfant équilibrée, basée sur le respect mutuel (toujours dire oui à l’enfant revient à lui enseigner qu’il vaut mieux que nous, que nous sommes à son service, ce qui est bien évidemment faux et néfaste à son développement).

De même, dire non à son employeur n’est pas évident, mais c’est tout simplement dans le rôle de l’employé, pour signaler à l’employeur que celui-ci dépasse les limites, pour l’éduquer dans les relations employeur-employé.

Sur un ton arlettiste, “Travailleurs du monde entier, unissez-vous et ayez le courage de dire non à vos employeurs, de dire ‘l’heure c’est l’heure, à demain M. le directeur!’. Si tous nous le faisons, tous nous construirons un monde meilleur, plus juste, plus égalitaire, plus harmonieux, plus humain.”

C’est à l’employé de savoir dire non, c’est à l’employeur d’essayer d’en demander plus. Ces rôles sont tout à fait normaux

sources

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